La patience, la solution pour les peines de la vie Cheikh Abdur-Rahmân Ibn Hasan Ash-Shaykh رحمه الله

La patience, la solution pour les peines de la vie  Cheikh Abdur-Rahmân Ibn Hasan Ash-Shaykh رحمه الله

 

● Les vertus de la patience

L’Imam Ahmad (رحمه الله) – m.241H – a dit : « Allah a cité la patience (sabr) à 90 endroits de Son Livre. » (Ibn Al-Qayyim dans « Madârij us-sâlikîn » vol.2 p.152)

Et elle apparaît dans le hadith authentique : « La patience est une lumière. » (Rapporté par Muslim n°223 et Ahmad 5/343 d’après Abû Mâlik Al-Ash’arî)

Le Prophète (صلى الله عليه وسلم) a également dit : « Nul n’a reçu de don meilleur et plus abondant que celui de la patience. » (Rapporté par Al-Bukhârî n°1469 et Muslim n°1053 d’après Abû Sa’îd Al-Khudrî)

‘Umar Ibn Al-Khattâb (رضي الله عنه) – m.23H – a dit : « Nous avons considéré les meilleurs moments de nos vies, comme étant ceux dans lesquels il y avait la patience (sabr). » (Rapporté par Al-Bukhârî dans une forme ta’lîq et a été rapporté dans une forme liée, par l’Imam Ahmad dans « Az-zuhd » avec une chaîne de transmission authentique, tel que le mentionne Al-Hâfidh Ibn Hajar dans « Fath ul-bârî » 11/303)

L’Imam ’Ali Ibn Abi Tâlib (رضي الله عنه) – m.40H – a dit : « Certes, la patience fait partie de la foi (îmân). Sa place est comme la tête quant au reste du corps » Puis il éleva la voix et dit : « En vérité, Il n’y a de foi (îmân) pour celui qui n’a pas de patience. » (Rapporté par Al-Lâlikâ’î dans « Sharh usul I’tiqâd Ahlus-Sunnah wal-Jamâ’ah » n°1659, Al-Bayhaqî dans « Shu’ab ul-Îmân » et Abî Shaybân dans « Kitâb ul-Îmân » n°130 avec des termes légèrement différents)

● La signification de la patience

Le mot « sabr » (dans la langue arabe) est originaire du mot « sabara » (être patient et persévérer), il indique le fait de se retenir et de se maîtriser. (Sa signification au niveau de la sharî’ah) implique le fait de : maîtriser son âme de l’agitation, d’empêcher la langue de se plaindre et empêcher les mains de se griffer les joues, de déchirer les vêtements et de faire d’autres actes similaires. Ceci fut mentionné par Ibn Al-Qayyim. (Voir « Madârij us-sâlikîn » vol.2 p.156)

Et saches que la patience est de trois sortes :

1) la patience lors (de l’exécution) des ordres d’Allah
2) la patience lors (de l’abandon et l’éloignement) des interdits d’Allah
3) La patience face à ce qu’a décrété Allah comme afflictions et malheurs

● Une guidée pour les coeurs

Allah dit : { وَمَن يُؤْمِن بِاللَّـهِ يَهْدِ قَلْبَهُ ۚ وَاللَّـهُ بِكُلِّ شَيْءٍ عَلِيمٌ }

– Allah guide le coeur de celui qui croient en Lui. Et Allah est parfaitement connaisseur de toute chose. (S.64 / At-Taghâbun v.11)

Et ce verset commence par : { مَا أَصَابَ مِن مُّصِيبَةٍ إِلَّا بِإِذْنِ اللَّـهِ }

– Nul malheur n’atteint [l’homme] sans la permission d’Allah.

Concernant ce verset, Ibn Abbâs (رضي الله عنه) – m.68H – a dit : « Par le commandement d’Allah – signifie : par Sa volonté et Son Pouvoir ».

La signification de ce verset est que : « Nul malheur n’arrive excepté par Sa Volonté (Mashî’ah), Son Désir (Irâdah) et Sa Sagesse (Hikmah) – Allah dit:

{ مَا أَصَابَ مِن مُّصِيبَةٍ فِي الْأَرْ‌ضِ وَلَا فِي أَنفُسِكُمْ إِلَّا فِي كِتَابٍ مِّن قَبْلِ أَن نَّبْرَ‌أَهَا ۚ إِنَّ ذَٰلِكَ عَلَى اللَّـهِ يَسِيرٌ‌ }

– Nul malheur ne s’abat sur la terre ou sur vos propres personnes qui ne soit déjà consigné dans un Livre, avant même que Nous le manifestions. Et cela est certes une chose aisée pour Allah. (S.57 / Al-Hadîd v.22)

Allah dit:

{ وَبَشِّرِ‌ الصَّابِرِ‌ينَ ﴿١٥٥﴾ الَّذِينَ إِذَا أَصَابَتْهُم مُّصِيبَةٌ قَالُوا إِنَّا لِلَّـهِ وَإِنَّا إِلَيْهِ رَ‌اجِعُونَ ﴿١٥٦﴾ أُولَـٰئِكَ عَلَيْهِمْ صَلَوَاتٌ مِّن رَّ‌بِّهِمْ وَرَ‌حْمَةٌ ۖ وَأُولَـٰئِكَ هُمُ الْمُهْتَدُونَ }

– [Cependant] annonce la bonne nouvelle aux Sâbirîn (endurants, patients); ceux qui, lorsqu’un malheur les touche, disent : « Certes, nous sommes à Allah, et c’est à Lui que nous retournerons (‘Innâ li’Llâh, wa ‘Innâ ‘Ilayhi râji’ûn) ». Sur ceux-là s’étendent les Salawât (bénédictions) et la miséricorde de leur Seigneur, et ceux-là sont les biens guidés. (S.2 / Al-Baqara v.155-157)

Sa parole : {Nul malheur n’atteint [l’homme] que par la permission d’Allah}. Ibn ‘Abbâs (رضي الله عنه) a dit que la partie {que par la permission d’Allah} signifie : « que par le commandement d’Allah » c’est-à-dire par Sa volonté et Son Pouvoir.

Et la parole d’Allah {Allah guide le coeur de celui qui croient en Lui} signifie : « Que celui qui, lorsqu’un malheur le touche, sait que c’est le Décret d’Allah, puis patiente en espérant la récompense et par soumission au décret d’Allah, avec une certitude véridique, alors Allah guide son coeur en échange de ce qu’il a subi dans ce monde. Et il se peut qu’Il remplace tout ce qu’Il lui aura pris. »

La parole d’Allah : {Et Allah est parfaitement connaisseur de toute chose} est un avertissement qu’un tel malheur a lieu par Sa Science qui inclut Sa Sagesse, et qui rend obligatoire la patience et le fait d’accepter Son Décret.

Abu Dhibyân (رحمه الله) a dit : « Nous étions avec Alqamah (رحمه الله) – m.62H – lorsque ce verset lui fut récité : {Allah guide le coeur de celui qui croient en Lui}. Il dit alors : « Il s’agit de l’homme qui – lorsqu’il est touché par un malheur – sait qu’il provient d’Allah, alors il l’accepte et s’y soumet. »

Dans la narration ci-dessus, il y a une preuve quant au fait que les actes font partie de la foi (Îmân).

Sa’îd Ibn Jubayr (رحمه الله) – m.104H – a dit concernant : {Allah guide le coeur de celui qui croient en Lui} : « Qu’une personne dit (lors d’une situation de malheur) : « Certes, nous sommes à Allah, et c’est à Lui que nous retournerons ».

Le verset cité précédemment, est une explication du fait que faire preuve de patience est la cause de la guidée du coeur, ce qui est une récompense pour ceux qui patientent.

(Voir « Tafsîr Qur’ân al-‘Adhîm » 2/164 d’Ibn Kathîr et « Tahdhîb ut-tahdîb » 7/276 d’Ibn Hajar Al-‘Asqalânî)

● Se plaindre du Décret d’Allah

Le Prophète (صلى الله عليه وسلم) a dit : « Deux comportements chez les gens sont une forme de mécréance : « Dénigrer la lignée [des autres] et gémir sur les morts. » (Rapporté par Muslim n°67 et Ahmad 2/377 d’après Abû Hurayra)

Ce qui signifie que ces deux caractéristiques sont des actes de mécréance (kufr), puisqu’ils sont des actes de jâhiliyyah (ignorance pré-islamique) qui ne cesseront d’exister chez les gens. Personne n’en sera préservé, excepté celui qu’Allah protègera, et celui à qui Allah accordera le savoir et la foi (îmân), avec lesquels il sera éclairé.

Cependant – il faut savoir – que celui qui possède une branche de mécréance (kufr), cela ne fait pas de lui un mécréant (kâfir) d’une mécréance absolue (kufr ul-mutlaq), tout comme une personne qui possède une branche de la foi (îmân) n’est pas appelée croyante (mu’min) d’une foi absolue. Certes, il y a une différence entre le mot kufr avec l’article défini (c’est-à-dire al-kufr) et le mot kufr sans l’article défini, tel qu’il apparaît dans la parole du Prophète (صلى الله عليه وسلم):

« Entre l’homme, la mécréance et le polythéisme, il y a l’abandon de la prière. » (Rapporté par Muslim n°82, Abâ Dâwûd n°4679 et At-Tirmidhî n°2621 d’après Jâbir Ibn ‘Abdillah)

La parole du Prophète (صلى الله عليه وسلم) « Dénigrer la lignée » signifie : trouver des fautes et des défauts. Cela comprend également le fait de dire « il n’est pas le fils d’untel » tout en sachant que cette dénégation est fausse.

Et la parole « gémir sur les morts » signifie : élever la voix en se lamentant, en gémissant et en énumérant les vertus du défunt. Tout ceci est une forme de plainte contre le Décret d’Allah, ce qui s’oppose à la patience, comme les paroles d’un plaintif : « Il était mon plus proche ami » ou « il était celui qui m’aidait et me soutenait ».

Dans le hadith précédent il y a la preuve de l’obligation de faire preuve de patience, et que c’est une forme de mécréance (kufr), qui ne fait pas sortir de l’Islam.

● Tendres coeurs et larmes de compassion

Le Prophète (صلى الله عليه وسلم) a dit : « N’est pas des nôtres celui qui se frappe les joues, déchire ses habits et se lamente comme on le faisait au temps de la Jâhilîyyah. » (Rapporté par Al-Bukhâri n°1294 et Muslim n°103 d’après Ibn Mas’ûd)

C’est un des textes avertisseurs rapportés dans la révélation.

Il est rapporté de Sufyân Ath-Thawrî et de l’Imâm Ahmad qu’ils n’appréciaient guère expliquer le sens de ce genre de menace afin que ce soit plus marquant sur les esprits et plus intense dans la menace (c’est-à-dire qu’ils préféraient laisser ces avertissements tels quel car leur formulation est plus marquante). Ce récit est une preuve que les actes mentionnés sont en opposition avec la foi (îmân) complète obligatoire.

Al-Hâfidh Ibn Hajar (رحمه الله) – m.852H – en expliquant la parole « quiconque se frappe les joues » a dit : « les joues ont été spécifiées parce que c’est l’endroit le plus commun d’être battu. Cependant, frapper d’autres parties du visage est la même chose. » (« Fath ul-bârî » vol.3 p.164)

La parole du Prophète (صلى الله عليه وسلم) « déchirer ses habits » implique le fait de : se déchirer les vêtements à partir de la poitrine (de l’endroit où rentre la tête). C’était la pratique des gens de l’ignorance pré-islamique (Jâhilîyyah), leur manière de pleurer sur le mort.

Shaykh Al-Islam Ibn Taymiyya (رحمه الله) – m.728H – a dit concernant : « comme on le faisait au temps de la Jâhilîyyah » « cela signifie se lamenter sur le mort. » (« Iqtidâ’us-sirât il-mustaqîm » vol.1 p.204)

Et d’autres ont dit : « C’est se lamenter avec détresse et désespoir. »

Ibn Al-Qayyim (رحمه الله) a dit : « Faire comme au temps de la Jâhilîyyah inclus également le tribalisme, l’esprit d’appartenance, faire preuve de zèle et de sectarisme vis-à-vis d’un madhhab (école de pensée), d’un parti ou d’un savant, préférer l’un à l’autre et appeler à cela, ainsi que de former des alliances et des inimitiés basées sur cela. Tous ces actes sont des formes de lamentations de la Jâhiliyyah. »

Abu ‘Umâmah (رضي الله عنه) a rapporté que le Messager d’Allah a maudit la femme qui se frappe le visage, déchire ses habits et se lamente sur le mort. (Rapporté par Ibn Mâjah n°1584, Ibn Hibbân n°737, authentifié par Al-Albani dans son tahqiq et Al-Bawsîrî dans « Masâbîh uz-zajâjah » vol.1 p.521)

Ainsi c’est une preuve que ces choses font partie des grands péchés. Aussi, celui qui ne se lamente que légèrement sans être impatient face au Décret d’Allah, ni ne s’en plaints et ne dit que le bien, alors ce genre de lamentation est acceptable.

Tout comme les lamentations d’Abû Bakr (Rapporté par Ahmad 6/31 d’après Aïsha) et de Fâtimah (Rapporté par Al-Bukharî n°4462 et Ibn Mâjah n°1629-1630 d’après Anas) lorsque le Messager d’Allah décéda. Il y a également un texte de l’Imâm Ahmad concernant ce sujet. (Voir « Sharh mukhtasar ul-kharqî » vol.2 p.356 d’Az-Zarkashî)

Cependant, ce n’est pas une preuve pour l’interdiction de pleurer, puisque cela arriva dans un récit authentique : quand le Messager d’Allah (صلى الله عليه وسلم) apprit la mort de son fils Ibrâhîm, il dit : « L’oeil verse des larmes et le coeur s’afflige mais nous ne disons que ce qui plait à notre Seigneur, nous sommes vraiment tristes pour ton départ, Ô Ibrahim. » (Rapporté par Al-Bukharî n°1303 et Muslim n°2315 d’après Anas et Asmâ Bint Yazîd)

Dans les deux Sahîh, Usâmah Ibn Zayd (رضي الله عنه) rapporte que le Messager d’Allah alla voir l’une de ses filles [il s’agit de Zaynab] dont le fils était agonisant. Elle leva l’enfant et le plaça suffoquant, sur les genoux du Prophète (صلى الله عليه وسلم). En le voyant ainsi, des larmes coulèrent des yeux du Prophète (صلى الله عليه وسلم). Sa’d lui dit : « Ô Messager d’Allah ! Qu’est-ce que c’est ? Il répondit : « C’est une miséricorde qu’Allah a mis dans les coeurs de Ses serviteurs. Allah, certes est Miséricordieux envers les miséricordieux. » (Rapporté par Al-Bukharî n°1283 et Muslim n°923)

● Les épreuves qu’affrontent les croyants

Le Prophète (صلى الله عليه وسلم) a dit : « Quand Allah veut du bien à un serviteur, il lui inflige un châtiment anticipé ici-bas. Et quand Il veut du mal à un serviteur, Il s’abstient [et repousse son châtiment] jusqu’au Jour de la Résurrection. » (Rapporté par At-Tirmidhi n°2396, Al-Hakim dans « Al-mustadrak » 4/608 et jugé hasan/sahih par Al-Albani dans son tahqiq, « Al-mishkat » n°1509 , « As-silsila as-sahiha » n°1220 et il l‘authentifie dans « Sahih al-jami’ » n°308 d‘après Anas)

Sa parole « Quand Allah veut du bien à un serviteur, il lui inflige un châtiment anticipé ici-bas » signifie : qu’il est puni en étant affligé par des malheurs et des difficultés en raison des nombreux péchés qu’il a commis, grâce à quoi il est purifié de tous ses péchés, et dans l’au-delà n’aura à rendre compte d’aucun.

Shaykh Al-Islâm Ibn Taymiyyah (رحمه الله) a dit : « Les malheurs sont en fait une forme de bienfait (ni’ma), puisqu’ils sont une expiation des péchés commis et appellent la personne à faire preuve de patience – pour laquelle elle est dûment récompensée. De plus, ils poussent la personne à se repentir, en faisant preuve d’humilité et de soumission devant Allah, tandis qu’en même temps il évite d’espérer quoi que ce soit de la création. Il y a – mis à part cela – d’autres importants avantages. Ainsi, ces malheurs qui surviennent à une personne sont, en fait une cause de l’effacement de ses péchés par Allah, et c’est une des plus grandes bénédictions. Les malheurs sont une source de miséricorde et de bonté dans le droit des créatures, sauf si cette personne s’aventure dans une désobéissance plus grande qu’auparavant. Ce malheur deviendra alors la cause d’un grand mal pour sa religion.

En effet, certaines personnes – lorsqu’elles sont éprouvées par la pauvreté, la maladie ou la faim – tombent dans l’hypocrisie, la plainte, et leurs coeurs deviennent malades, ou tombent dans la mécréance, abandonnent certaines obligations ou commettent certains actes interdits – tout ce qui est néfaste pour leur religion. Être protégé de ces malheurs est meilleur pour lui par rapport à ce que le malheur laisse comme traces et non par rapport au malheur en lui-même, comme celui à qui le malheur apporte patience et obéissance, il aura droit à un bienfait dans sa religion (ni’ma diniyyah). Il représente un acte du Seigneur et une miséricorde pour les créatures, pour laquelle Il est loué.

Donc quiconque est affligé d’une calamité et est muni de patience, alors cette patience est un bienfait dans la religion pour cette personne, puisque de ce fait, ses péchés sont expiés. De plus, son Seigneur lui accorde miséricorde et bénédictions, comme Allah – Le Majestueux – le dit:

{ أُولَـٰئِكَ عَلَيْهِمْ صَلَوَاتٌ مِّن رَّ‌بِّهِمْ وَرَ‌حْمَةٌ ۖ وَأُولَـٰئِكَ هُمُ الْمُهْتَدُونَ }

– Sur ceux-là s’étendent les Salawât (bénédictions) et la miséricorde de leur Seigneur, et ceux-là sont les biens guidés. (S.2 / Al-Baqara v.155-157)

Une telle personne est aussi pardonnée par son Seigneur pour ses péchés, et est élevée a un rang supérieur – tout ceci est pour celui qui fait preuve de patience ». (Voir « Majmû’ al-fatâwâ » vol.10 p.48)

La parole du Prophète (صلى الله عليه وسلم) « Et quand Il veut du mal à un serviteur, Il s’abstient [et repousse son châtiment] jusqu’au Jour de la Résurrection. » signifie : la punition pour ses péchés est retardée jusqu’à ce qu’il reçoive sa punition le jour de la résurrection.

Al-‘Azîzî (رحمه الله) – m.1070H – a dit : « Cela signifie qu’une telle personne n’est pas punie dans ce monde, afin que dans l’au-delà, elle soit punie pour ses péchés d’une manière qu’elle mérite vraiment ». (« As-sirâj ul-munîr » vol.1 p.88)

Le hadith cité plus haut, est une leçon et un rappel pour quiconque espère en Allah, et a une bonne opinion de Lui dans ce qu’Il a écrit pour une personne, tel qu’Allah (سبحانه و تعالى) Le dit :

{ وَعَسَىٰ أَن تَكْرَ‌هُوا شَيْئًا وَهُوَ خَيْرٌ‌ لَّكُمْ ۖ وَعَسَىٰ أَن تُحِبُّوا شَيْئًا وَهُوَ شَرٌّ‌ لَّكُمْ ۗ وَاللَّـهُ يَعْلَمُ وَأَنتُمْ لَا تَعْلَمُونَ }

– Il se peut que vous ayez de l’aversion pour une chose alors qu’elle est un bien pour vous ; et il se peut que vous aimiez une chose alors qu’elle est un mal pour vous. Allah sait, mais vous, vous ne savez pas. (S.2 / Al-Baqara v.216)

● Les récompenses sont proportionnelles aux afflictions

Le Prophète (صلى الله عليه وسلم) a dit : « La grandeur de la récompense est proportionnelle à l’importance de l’épreuve. Lorsqu’Allah aime des gens, Il les met à l’épreuve. Quiconque donc [accepte et] se satisfait [du décret d’Allah] aura la satisfaction d’Allah, et quiconque s'[en] indigne encoure Sa colère. » (Rapporté par At-Tirmidhi n°2396, Ibn Majâ n°4021 et jugé hasan par Al-Albani dans son tahqiq, « As-silsila as-sahiha » n°146, « Al-mishkat » n°1510 (Ibn Hajar 2/169), « Sahih at-targhib » n°3407, « Sahih al-jami’ » n°2110 et 285 en partie d’après Anas)

De plus, le Prophète (صلى الله عليه وسلم) a dit : « Lorsqu’Allah aime des gens, Il les met à l’épreuve. Quiconque fait preuve de patience, fait partie des patients et quiconque s’en indigne, fait partie des indignés. » (Rapporté par Ahmad 5/427, Al-Bayhaqi dans « Shu’ab al-iman » 7/3202 et « Al-adâb » n°461, Ad-Damyâtî dans « Al-matjar ar-rabih » n°295, authentifié par Ibn Hajar dans « Fath ul-bârî » 10/108, Al-Albani dans « Sahih at-targhib » n°3406 et « Sahih al-jami’ » n°1706 d‘après Mahmûd Ibn Lubayd)

La signification du premier hadith est : plus l’affliction est grande et plus la récompense est importante. Il est dit : En effet, les malheurs sont une source de récompense, ainsi qu’une expiation des péchés. L’avis le plus juste pour Ibn Al-Qayyim (رحمه الله) est que la récompense est juste l’expiation des péchés, sauf si elle est une cause pour oeuvrer dans le bien, comme la patience, l’acceptation (du malheur), le repentir et la demande de pardon. Il est donc récompensé pour ce qui en aura résulté. En raison de cela, il a été dit que le sens du hadith est : En effet, la récompense est proportionnelle au malheur, à condition qu’il y ait patience et espoir de la récompense.

De même que dans le hadith de Sa’d (رضي الله عنه), le Prophète fut questionné :

« Quels sont ceux qui subissent les épreuves les plus difficiles ? » Le Prophète (صلى الله عليه وسلم) répondit : « Ceux qui ont les épreuves les plus difficiles sont les prophètes, puis ceux qui les suivent de la meilleure façon, puis ceux qui les suivent. L’homme est éprouvé selon sa religion. Si il reste ferme sur sa religion, alors il sera durement éprouvé ; Si sa religion est faible, alors il sera éprouvé en fonction de cela. Le serviteur d’Allah ne cesse d’être éprouvé jusqu’à ce qu’il marche sur terre lavé de toute faute ». (Rapporté par Ahmad 1/172, At-Tirmidhi n°2398, Ibn Mâjah n°4023, Ad-Dârimi, At-Tahâwi, Al-Hâkim et authentifié par ’Abd Al-Haq Al-’Ishbîlî dans « Al-ahkâm as-sughrâ » n°832, Ibn Hibban : voir « Al-maqâsid al-hasana » p.83, Al-Albani dans son tahqiq des sunans, « As-silsila as-sahiha » n°143, « Sahih al-jami’ » n°992-993, « Sahih at-targhib » n°3402, « Al-mishkat » n°1506 (Ibn Hajar 2/167), Ahmad Shakir dans son Tahqiq du Musnad 3/45-52-78-97 et Shaykh Muqbil dans « Sahih al-musnad » n°377)

Ce hadith et ceux qui lui ressemblent, sont des preuves du Tawhid. Puisque si un individu sait que les Prophètes et les awliyya (les alliés d’Allah) ont eux-mêmes été éprouvés de calamités et qu’elles sont en réalité une miséricorde (rahmah) et que nul ne peut ôter ces malheurs excepté Allah, alors ils sauront qu’ils ne peuvent ni provoquer, bénéficier ou éviter le mal pour eux-mêmes – alors comment pourraient-ils éviter le mal pour d’autres ? Ainsi, plutôt que de se tourner vers les Prophètes et les gens pieux pour ôter le mal, ou les soulager de soucis ou d’une peine, l’individu doit se tourner directement vers Allah Seul – Celui qui est capable d’accomplir cela.

● Parvenir à une tranquillité

Ar-Ridâ (le plaisir d’Allah) – qui apparaît dans la parole du Prophète (صلى الله عليه وسلم) : « Quiconque donc [accepte et] se satisfait [du décret d’Allah] aura la satisfaction d’Allah » – est un des Attributs avec lequel Allah s’est décrit dans divers endroits de Son Livre, tel que Sa parole :

{ جَزَاؤُهُمْ عِندَ رَ‌بِّهِمْ جَنَّاتُ عَدْنٍ تَجْرِ‌ي مِن تَحْتِهَا الْأَنْهَارُ‌ خَالِدِينَ فِيهَا أَبَدًا ۖ رَّ‌ضِيَ اللَّـهُ عَنْهُمْ وَرَ‌ضُوا عَنْهُ }

– Ils auront pour récompense, auprès de leur Seigneur, les Jardins d‘Éden sous lesquels coulent des ruisseaux, pour y demeurer éternellement. Allah sera satisfait d’eux et ils seront satisfaits de Lui. (S.98 / Al-Bayyinah v.8)

La voie des Salaf us-Salîh (les pieux prédécesseurs) et ceux qui les ont suivis parmi Ahl us-Sunnah (les gens de la Sunnah) est d’affirmer ces attributs qu’Allah S’est attribués, ou qui ont été affirmés par Son Messager (صلى الله عليه وسلم) – d’une manière qui convient à Sa Majesté et Sa Grandeur – sans tamthîl (comparaison d’Allah avec Sa création), et sans ta’tîl (démunir Allah de Ses Attributs). Quand Allah est satisfait d’une personne, elle aura acquis tout le bien et sera protégée de tous les maux.

Ar-Ridâ est : le fait pour un serviteur d’abandonner ses affaires à Allah, tout en ayant une bonne opinion de Lui et tout en espérant Sa récompense. Une telle personne éprouvera une tranquillité, une joie et un amour d’Allah et une confiance en Lui.

Ibn Mas’ûd (رضي الله عنه) – m.32H – a dit : « Certes, Allah – par Sa Justice et Équité – a fait du plaisir et de la tranquillité le propre du yaqîn (certitude) et du ridâ. Il a fait de la peine, l’anxiété et du souci le résultat du doute et de l’indignation. »
• Source : (Rapporté par Ibn Abî Dunyâ dans « Kitâb ur-ridâ » n°94 et Al-Bayhaqî dans « Shu’ab al-îmân » n°205)

La signification de l’indignation est d’après Abu As-Sa’âdât : « L’aversion d’une chose, avec absence de son acceptation »
• Source : (Voir « An-nihâyah fî gharîb il-hadîth » vol.2 p.350 d’Ibn Al-Athîr).

Ou, quiconque s’indigne envers ce qu’Allah a décrété, alors Allah s’indignera de cette personne, et cela est suffisant comme punition d’Allah. Les savants ont aussi déduis du précédent hadith, que le ridâ (avec le Décret d’Allah) est obligatoire – c’est l’avis d’Ibn ‘Aqîl. Cependant, Al-Qâdî Abû Ya’lâ ne l’a pas considéré obligatoire, et c’est l’avis le plus juste pour Shaykh al-Islam Ibn Taymiyyah et Ibn Al-Qayyim. • Source : (Voir « Madârij us-sâlikin » vol.2 p.171/184 d’Ibn Al-Qayyim)

Shaykh Al-Islam Ibn Taymiyyah a dit : « Il y a un ordre spécifique lié à la patience, alors qu’il n’y en a pas pour le ridâ. Il y a plutôt des éloges pour ceux qui font preuve de ridâ (avec le Décret d’Allah). » De plus, il a dit « cette narration : « Celui qui ne fait pas preuve de patience lors de Mes afflictions, ni ne fait preuve de ridâ avec Mon Décret, s’est attribué un Seigneur autre que Moi »
• Source : (Rapporté par At-Tabarânî dans « Al-kabîr » 22/320, Ibn Hibban dans « Al-majrûhîn » 1/324, Al-Khatîb dans « Al-talkhîs » 2/39. L’isnad est faible, jugé « da’if Jiddan » (très faible) par Al-Manâwî. Voir « As-silsila ad-da’ifa » n°505) .

Cette narration est l’une des Isrâ’îliyyat (Israélite), elle n’est pas authentiquement rapportée par le Prophète (صلى الله عليه وسلم). »
• Source : (Voir « Madârij us-sâlikin » vol.2 p.171 d’Ibn Al-Qayyim)

Shayk Al-Islam Ibn Taymiyyah a également dit : « En effet, il existe un degré plus élevé que la patience et la satisfaction (ridâ), c’est celui de faire preuve de gratitude (shukr) envers Allah face aux épreuves, car elles sont source de grâces et de récompenses envers lui. »• Source : (« Majmu’ al-fatwa » vol.11 p.260)

• Source : (Édité et adapté de « Fath ul-majîd li Sharh kitâb it-tawhîd » vol.2 p.603-615 d’Abdur-Rahmân Ibn Hasan Ash-Shaykh)

2 Comments

  1. Salem 3alaykoum et je n’arrive pas me contenir je souhaite savoir si je peux lire le coran avec la tayyamoum Baraka Allahu Fikoum

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  2. Salam aleykoum, je voudrais savoir si une seule sourate suffit pour faire la prière.

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